23 sept. 2018

La phrase du jour

Le collège d'Eton a toujours plus ou moins été un asile d'aliénés, une maison de redressement pour aristocrates et une source d'ennuis pour plusieurs gouvernements britanniques. (Patrick Macnee)

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11 sept. 2018

La phrase du jour

Je vends cette visseuse deviceuse qui comporte tous ces embouts. Je ne m'en suis pas beaucoup servi. (leboncoin.fr) (Ndlc : vicieuse deviseuse)

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10 sept. 2018

LA GUITARE 12 CORDES

-2eme Partie-

http://claudesamard.com/french/drill/2000/avril.html

 

Au pays de la 12 cordes les rois s'appellent Leadbelly, Leo Kottke, Roger McGuinn (Byrds) ou Roger Hodgson (Supertramp). Nous nous pencherons donc dans cette rubrique sur l'influence de ces trois compères. Tunings, plans de studio et témoignages de ces hommes à poigne devraient vous inciter à ajouter cette guitare très particulière à votre palette. A moins que vous n'ayiez déja succombé au revival 60/70's dont la 12 cordes est un élément incontournable.

 

La 12 cordes acoustique est d'abord un instrument de musique populaire. Du Sud des Etats-Unis aux marches du Sacré-Cœur, c'est l'instrument du chanteur des rues qui au mépris des tendinites et des extinctions de voix nous oblige en plein hiver à enlever nos gants pour sortir une pièce, emmitouflés au milieu d'une file de cinéma. Cet anonyme perpétue une tradition vieille de 80 ans et son destin le mènera peut être à suivre les traces de Leadbelly, l'un des plus grands artistes "folk" de tous les temps, légende de la 12 cordes.

 

Leadbelly se définissait lui même comme le champion du monde de la 12 cordes. Né en 1885, Huddie Ledbetter a vécu une vie comme on n'en fait plus, proche de la fiction. Pour lui trouver un équivalent il faudrait chercher du côté de Django. Ses 500 chansons ont été écrites sur fond de bagarres, pénitenciers, meurtres, alcool et il trouva dans la 12 cordes un instrument à sa mesure, mélange de violence et de poésie. Père du "folk", ce county-bluesman noir est le compositeur de "Kisses sweeter than wine", "Good night Irene", "Midnight special", "Rock Island line" et "Cotton fields". Et oui! Même s'il ne connut pas le succès avant sa mort en 1949 sa vie fut pleine de rencontres "au sommet". D'abord chanteur des rues au Texas, il fit équipe avec Blind Lemon Jefferson et sur la route qui mena cette force de la nature de prisons en salons New Yorkais ou studios Hollywoodiens on retrouve les noms de Woody Guthrie, Pete Seeger, Brownie McGee et Sonny Terry et même du Golden Gate Quartet. Le musicologue John Lomax le découvrit et lui permit d'enregistrer les disques qui allaient servir de référence à des générations de joueurs de 12 cordes. Sa guitare était une Stella, dont la qualité essentielle était la robustesse. Vendue en supermarché dans les années 20 elle était assez prisée par les bluesmen du Sud. Les rares exemplaires qui ont survécu attestent d'un son très "roots" évocateur du vieux blues rural. Plusieurs luthiers US en font des copies actuellement. Mais pour reproduire ce son il faut en plus taper très fort! Et désaccorder. Comme pour beaucoup de chanteurs-accompagnateurs solistes des Musiques du Monde le diapason importe peu. La hauteur de l'accord dépend souvent de la forme vocale du moment et pour Leadbelly aussi de l'état de ses cordes. Si elles commençaient à fatiguer, il baissait. Un des secrets du "son" Leadbelly était donc son accordage qui pouvait aller jusqu'à une quarte en dessous de l'accord standard,même plus, comme les groupes grunge! Pour un accord en Si (au lieu de Mi) ça donnait donc, en partant des basses : BEADF#B. L'autre secret c'est que la corde la plus grave était doublée 2 octaves au dessus au lieu de 1. Son Mi grave, (si il était en standard), était donc doublé par un Mi aigu, comme la première corde. Pour éviter que les cordes frisent à cause du désaccordage il utilisait bien sûr des cordes plus grosses. A titre indicatif un fan US de Leadbelly m'a communiqué les calibres des cordes de sa dernière guitare, accordée en B : .014 et .070, .019 et.048, .019 et .038, .022 doublée, .019 doublée et .014 doublée pour l'aigu.

 

Leo Kottke reconnaît en Leadbelly le guitariste qui a personnifié la 12 cordes au XX° siècle. C'est grâce à ses disques que Leo Kottke a choisi cet instrument en 1962 et est devenu le symbole de la nouvelle génération de joueurs de 12 cordes. Mélangeant le folk, le blues, le classique et le jazz il préfigure également le mouvement new-age. C'est un technicien extraordinaire qui a maintenu la 12 cordes en vie en pleine vogue disco et punk, après l'explosion "folk" des années 60. Comme beaucoup de ses amis du "folk" revival (dont le grand John Fahey) il a beaucoup exploré les open tunings. Open D dans "Little Martha" et "Watermelon", open G dans "Jak fig" et "Machine 3" et beaucoup de drop D. Victime de son jeu dynamique, il dû arrêter la 12 cordes à la fin des années 70 mais développa une nouvelle approche technique qui, associée à la création d'un modèle qui porte son nom (fait pour être accordé en C#) avec le luthier Taylor, lui permit de reprendre les concerts avec cette version moderne des Stellas. Depuis il délaisse un peu sa collection de 12 cordes Gibson B-45, Martin, Bozo, Guild… Les trois premiers titres de son album récent "One guitar, no vocals" vous donneront un bon exemple de son style actuel. Sinon tous les premiers albums sont des "classics".

 

Née dans les bordels du Sud des USA dans les années 20, la 12 cordes s'est assagie. Elle a suivi l'évolution technologique de la lutherie moderne et on peut aujourd'hui en décrocher une dans un magasin et prendre du plaisir à en jouer sans avoir fait 6 mois de musculation de la main gauche. Les fabricants savent que, à l'opposé de Leadbelly qui avait fait ses classes "à la dure", les guitaristes actuels ont l'habitude de jeux lights, de hauteurs de cordes bien réglées, et qu'ils attendent des acoustiques 6 ou 12 cordes la même facilité de jeu que sur une électrique, désormais instrument de beaucoup de débutants. La 12 cordes ne doit plus faire peur, elle a été apprivoisée, elle fait merveille sur de beaux arpèges studieux, mais son côté "roots" ne demande que trois accords simples et bien larges pour resurgir. A une condition, servez les "bien frappés", pas de plans "petits bras", réveillez le Leadbelly qui sommeille en vous. Comme vos doigts, c'est là qu'une 12 cordes s'éclate!

7 sept. 2018

La Méridionale, une compagnie engagée dans la protection des richesses marines

​La Méridionale a signé ce jeudi à Marseille une charte d'écoresponsabilité avec l'Agence française pour la biodiversité (AFB), une première en France, dans une démarche de protection accrue de l'environnement marin.

Cette charte s'inscrit dans une démarche globale d'écoresponsabilité de l'activité de transport maritime concernant les compagnies de transport de passagers à l'égard du réseau d'aires marines protégées (ou AMP). Les AMP signataires ce jour-là sont le Parc national des Calanques, le Parc national de Port-Cros et le Parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate.​



La compagnie avait déjà été la première, en 2017, à adopter la connexion électrique de ses 3 navires à quai lors de ses escales à Marseille, ce qui permet d'éviter de consommer et de rejeter des milliers de tonnes de diesel. 



Aujourd'hui, La Méridionale s'engage à aller plus loin dans la démarche écologique, notamment en agissant directement sur l'équipement de ses navires : 

  • ​​peintures en silicone pour les coques,
  • ​hélices redessinées pour optimiser le rapport vitesse/consommation de carburant,
  • moteurs à injection électronique.

​​​Enfin, la compagnie, équipée depuis 2011 de dispositifs de partage des positions pour éviter les collisions avec les mammifères marins, va aussi travailler à étendre la détection des cétacés à toutes les aires marines protégées qu'elle traverse.

6 sept. 2018

2 sept. 2018

La phase du jour

On doit apprendre aux enfants à penser. Mais on ne peut leur apprendre ni quoi ni comment penser. (naddacop)


Merci à Paul pour l'image

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31 août 2018

Le mari de ma sœur est masseur

Titre : Le mari de ma sœur est masseur

Année : 1974

Auteurs compositeurs : Joël Mathieu
Durée : 1 m 45 s

Label : Polydor Référence : 2056 320

Présentation : L'unique 45 tours de Joël Mathieu, étudiant à la Sorbonne qui a ses heures perdues tournait dans quelques cabarets de rive-gauche. Un vibrant hommage à Bobby Lapointe dont il s'inspire avec brio, ce qui est plutôt rare à signaler.



Le mari de ma sœur est masseur qui n'hésitera peut-
Être pas à masser de ma sœur les appas
Car ma sœur ne les a pas épatants
Mais plutôt épatés et piteux !

Mon beau-frère est masseur et ma sœur est massée
Mon beau frère aime ma sœur et ma sœur l'aime aussi.

Mais leur amour est plat, plat, plat, platonique.
Leur amour est pas, pas, pas, pas tonique !
Pas tonique et pas en très bon état … sœur.

Le mari de ma sœur, sans cesser, car c'est un grand bosseur,
À masser les seins de ma sœur, se sont ainsi affaissés,
Abaissés ayant peur d'une main de masseur, sur ma sœur.

Mon beau-frère est bosseur, mon beau-frère a beau faire,
A beau dire à ma sœur: « Ah, ne vois tu rien venir ? ».

Mais tout reste plat, et sous sa tunique
Ses deux œufs au plat restent laconiques,
Pas coniques et pas en meilleur état-sœur !

Si ses soins sont ainsi sans succès,
Si ses seins sont ainsi si succincts,
Ma sœur sait que son sexe est féminin.
Son souci c'est qu'ceci fait minet,
son mari, lui aussi est miné.

Miné par le regret de l'avoir mal massée,
Il faudra dès demain qu'il essaye des deux mains, à la fois.

Mais tout restera plat, et sans plastique,
Rien ne guérira ses seins apathiques.
Apathiques et pas, pas du tout sym…pa,
Du tout sympa !
Du tout sympa,
Du tout sympa

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C’est l'été, enfin ça sent la fin mais ce n'est pas une raison pour ne pas sourire

C'est l'été, diffusée le 19 juin 1986 est un exemple supplémentaire de la misanthropie, de l'humour et de la maîtrise stylistique de Pierre Desproges (notez les deux octosyllabes qui ouvrent cette chronique : "C'est la saison des joies vulgaires et des exultations de masse").

Personnellement, je suis très réservé quand au "génie" de feu M Desproges. Du talent, certes ! En général il ne me fait pas rire. Il en faut beaucoup pour que je m'esclaffe.

Et qu'on ne me ressorte pas la citation "On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui." Fut-il l'apôtre St Pierre lui-même, Saint-Exupéry ou Albert Einstein, ce n'est pas parce qu'il l'a dit que c'est vrai et que ça ne se discute pas.

Mais parfois il me fait sourire et souvent penser. Étonnant, non ?

>:PS : Contrôlez les messages sur vos T-Shirts !>:o

Si vous voulez l'écouter :

https://www.youtube.com/watch?v=UL9-CmBq5WA

ou remis en ondes :

https://www.franceinter.fr/emissions/chroniques-de-la-haine-ordinaire/chroniques-de-la-haine-ordinaire-02-juillet-2018


Si vous voulez goûter le texte :

L'été ? Quelle horreur !
  C'est la saison des joies vulgaires et des exultations de masse.

  En hiver, l'Homo sapiens de base fonce la tête basse dans les frimas pour qu'on ne voie pas sa gueule, mais que revienne l'été, et voici qu'il relève le groin pour humer les petites brises le long des quais marins où il parade, derrière son ventre enveloppé dans d'immonde chemises haïtiennes, avec sa grosse qui se pavane à son bras en jupette rase-bonbon de style abat-jour à cellulite, et leur progéniture braillarde qui caracole autour et fait des ricochets pour stresser les mouettes et paniquer les harengs.

  Même en ville, les gens commencent à se déguiser comme à la plage. Pourtant, rien n'est plus insultant à l'œil qu'un employé de banque bariolé ou qu'une sténographe facturière multiflorale. Au spectacle de ce laisser-aller luxuriant, l'homme de goût se prend à déplorer qu'on n'habille pas la France entière en gris muraille de Chine, comme au bon temps de Mao.

   Plus intolérable que tout, voici que ressurgissent les T-shirts à messages personnalisés.
  Personnalisés ! Ô sordide exploitation du langage des foules. Ils sont un million d'assujettis sociaux blanc, navet à exhiber leur couenne dans un million de tricots de coton où l'on peut lire « Je suis un rebelle », et ils bêlent et broutent dedans, tous ensemble et tous pareils, et ils appellent ça « un message personnalisé ». Quelle dérision ! Quelle époque ! Vivement la guerre !
  Jamais ces messages ne correspondent à la moindre réalité tangible. Tenez, hier après-midi, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, je croise une grande bringue plutôt joufflue. Le genre belle des champs en plus laitière encore, avec des joues comme des fesses, un bon gros regard con de vache normande, des bras lisses et blanc yaourt et une paire de lolos à ressusciter Leprince-Ringuet.
  Bref, cette conne était belle et bloubloutante comme un flan bavarois. Par chance, elle arborait un T-shirt blanc qui annonçait en lettres feu : « Je suis à prendre. »
  Qu'eussiez-vous fait à ma place ?
  Je l'ai prise.
  Ah mes enfants, quelle affaire ! La voici qui se débat en poussant des brames de truie des Ardennes, ce qui, généralement, est l'expression d'un très profond désarroi. La truie des Ardennes (08) a plutôt tendance à couiner quand on lui grimpe dessus. C'est la biche lorraine qui brame sous le mâle. Ayant ouï ces cris effrayants, voici que les flics déboulent, et le curé de Notre-Dame qui veut m'excommunier, et la délégation des Enfants de Marie-couche-toi-toute-seule qui veut me finir à coups d'ombrelles bénites, quelle affaire !

  Il y a plus sot encore que le T-shirt à message. Il y a le T-shirt publicitaire. On peut dire sans aucune exagération misanthropique que l'existence et le succès – à l'échelle mondiale – du T-shirt à message publicitaire constitue la preuve formelle de l'incommensurable étendu de la bêtise humaine.
  Quand j'étais enfant, je me rappelle qu'il déambulait dans les rues des villes des hommes sandwichs. C'étaient des messieurs qui  promenaient sur leur dos de grands panneaux fixés par des bretelles comme des sacs de campeur vantant les mérites d'une marque de bas, de liqueur ou de cigarettes. Bien évidemment, ces gens-là étaient payés pour faire ce qu'on appelait encore de la réclame et qui n'était déjà que de la vulgaire publicité.
  Aujourd'hui, les marchands de soupe doivent se pisser dessus de rire : voici venu le temps béni pour eux des hommes-sandwichs qui paient pour faire de la pub. Car enfin, vous avez beau tourner le problème dans n'importe quel sens, il est de fait qu'un connard qui donne de l'argent à un commerçant en échange d'une chemise exaltant les qualités d'un quelconque produit de consommation se trouve exactement dans la position grotesque et ahurissante d'un ouvrier qui paierait son patron pour avoir le droit de travailler à l'usine.

  Je dis ça parce que je suis en colère.
  En réalité, je déteste l'été. Tous les ans c'est la même chose. Dès les premiers vrais beaux jours, quand la nature est en fête et les oiseaux fous de joie, je regarde le ciel bleu par-dessus les grands marronniers de mon jardin, et je me dis : « Ah, ça y est, quelle horreur : dans six mois, c'est l'hiver ! »

Pierre Desproges, 1987 © Le Seuil


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