20 janv. 2019

La phrase du jour

Il n'existe aucun principe éthique objectif, extérieur à nous, révélé par Dieu et formulé dans une écriture ou sur des tablettes de pierre et qui devrait régler à jamais notre conduite morale. (John Shelby Spong, évêque anglican du diocèse de Newark, New Jersey)

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19 janv. 2019

Le mot du jour : "Touiller"

    TOUILLER, verbe trans.

A. Fam. Agiter, remuer pour mélanger. Synon. brasser1, mélanger.
Touiller son café; touiller les cartes; touiller la lessive, la
peinture; touiller la salade. Pendant qu'il touillait le vin, la
cassonade, le poivre et le pain dans le bol à punch, Angélo, qui
contenait une furieuse envie de boire, avait la salive à la bouche
(GIONO, Hussard, 1951, p. 36).
P. métaph. Jany Holt touille ses rancœurs de bigote maladive avec la
hargne idiote requise (La Croix, 19 mars 1972, p. 13, col. 5).
B. TECHNOL. Touiller la fécule. La brasser pour la blanchir, la
nettoyer. (Dict. XIXe et XXe s.). Touiller la soude, Dissoudre la soude
brute et décanter la liqueur quand elle est devenue claire`` (CHESN. t.
2 1858).
REM. Touille, subst. fém. a) Technol. Pelle creuse avec laquelle on
brassait les fécules. (Dict. XIXe et XXe s.). b) Ichtyol. Lamie, variété
de squale qui remue l'eau. (Dict. XIXe et XXe s.).
Prononc.: [tuje], (il) touille [tuj].

Dérivés

. 1. Touillage, subst. masc., fam. Action de touiller. (Dict. XIXe et
XXe s.). Technol. ,,En génie chimique: action de purifier la soude
brute`` (PEYROUX Techn. Métiers 1985). []. 1re attest. 1793 (A. LOYSEL,
Descr. de div. procéd. pour extraire la soude, p. 63); de touiller*,
suff. -age*

. 2. Touilleur, -euse, adj. et subst., fam. (Celui, celle) qui touille.
[Dans un cont. métaph.] Celui qui venait de parler (...) touilleur en
chef de soupes empoisonnées, versées toutes fumantes chaque lundi dans
les cervelles droguées, en état de manque, des six cent mille lecteurs
de son hebdomadaire si joliment nappé (J. RASPAIL, Le Camp des saints,
Paris, R. Laffont, 1973, p. 93). P. anal., subst. masc. [Désigne un
dragueur] Un touilleur, ces sortes de remorqueurs qui circulent en
embobinant et en désembobinant sur leur roue à aubes comme sur un
cabestan central inclus dans leur machine à vapeur une chaîne sans fin
coulée au fond du lit de la Seine (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 314).
[], fém. [-ø:z]. 1re attest. 1906 (CLAUDEL, Part. midi, I, p. 1010); de
touiller*, suff. -eur2*; cf. déjà en 1573 touilleur « homme qui
embrouille les choses » (CHESNEAU, Dictionariolum latinograecogallicum
d'apr. FEW t. 13, 2, p. 394a), 1660 (OUDIN Fr.-Esp.).


Étymol. et Hist. 1176-81 soi tooillier « s'agiter » (Chrétien de Troyes,
Chevalier Lyon, éd. M. Roques, 4529); ca 1200 trans. touellier « remuer
» (Aliscans, éd. F. Guessard, 3650) − 1611, Cotgr.; répertorié comme
,,vieux mot`` par Trév. 1752-71 et Gdf.: ,,s'est conservé dans tous les
patois avec le sens général de remuer, mélanger, salir, souiller``; ne
subsiste que dans certains empl. 1. ca 1393 toullier art culin.
(Ménagier de Paris, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, p. 256,264,
33); 2. 1842 technol. « agiter pour épurer » (Ac. Compl.). Terme dial.
du Nord, cf. FEW t. 13, 2, pp. 392-393, remontant au lat. tudiculare «
broyer, triturer », dér. de tudicula, -ae « machine à écraser les olives
», touiller et (esp.) tundir (battre à coups, au fouet ou au bâton),
ainsi que le substantif tunda, de tundere « écraser, piler », d'abord «
frapper, battre à coups répétés ».

L'ancien français toeillier a bien comme premier sens « remuer, mêler,
brouiller » et le sens « salir, rouler dans la boue » est clairement
métaphorique et secondaire (« tant estoient tooulié en lor sanc »,
XIIIe, Chroniques de Saint-Denis, à comprendre qu'ils ont roulé dans
leur sang comme une salade qu'on aurait touillée), il n'apparaît ni en
latin, ni en français moderne.

On trouve, il est vrai, un autre toeillier mais ce n'est qu'une graphie
de toaillier « essuyer, torcher, saucer ». Il vient de toaille «
serviette, essuie-main, torchon » (français moderne touaille), un mot
emprunté par l'anglais towel et qui est d'origine germanique (germ.
*þwaχljō < *þwaχan « laver, nettoyer » > angl. wash). Mais, bien sûr,
ces mots n'ont aucun rapport avec touiller.

Quant au suffixe verbal -ouiller, le TLFi dit en effet : "Suffixe à
valeur dépréciative ou à valeur diminutive, parfois fréquentative (avec
souvent dans ce cas une nuance péjorative), formateur de verbes
appartenant surtout à la langue populaire et familière."
Il y a en fait des dizaines de ces verbes et on leur donne trois
origines distinctes :
- formation sur des féminins en -ouille (grenouiller, magouiller,
rouiller, vadrouiller, etc.)
- formation sur des masculins en -ou (agenouiller, épouiller,
verrouiller, etc.)
- évolution d'un verbe latin en -iculare (brouiller, fouiller, touiller,
etc.)

Et la prochaine fois que vous vous remuerez la salade, rappelez vous :
"vous êtes le chat, parce que le chat touille".

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18 janv. 2019

17 janv. 2019

La phrase du jour

Il y a toujours un peu de folie dans l'amour mais il y a toujours un peu de raison dans la folie. (Friedrich Nietzsche)

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16 janv. 2019

15 janv. 2019

La phase du jour


On peut réduire une œuvre d'art à son seul prix, mais cela ne représentera jamais sa valeur réelle (Isabelle Jarry)

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13 janv. 2019

La phrase du jour

Un mot qui revient fréquemment dans un domaine technique, et qui est utilisé par tout le monde comme si chacun était supposé en savoir le sens et ses arcanes, c'est très énervant quand on ne sait pas ce que ça veut dire. (sametmax.com)

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12 janv. 2019

La phrase du jour

Je me suis jeté dans la boue plus d'un demi-million de fois. Cela permet-il d'en déduire quoi que ce soit sur mon état mental ? (Sepp Maier, gardien de but)

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9 janv. 2019

8 janv. 2019

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