7 sept. 2016

Le Bon Dieu nous raconte des histoires

Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

Commentaire de :

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-32.

En ce temps-là,  les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.

Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

Alors Jésus leur dit cette parabole :

« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?

Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux,

et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’àce qu’elle la retrouve ?

Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”

Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

« Un homme avait deux fils.

Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.

Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.

Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.

Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.

Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.

Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !

Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.

Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”

Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.

Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”

Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,

allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,

car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.

Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.

Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”

Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.

Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.

Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”

Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.

Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

 

Cet évangile dit « du fils prodigue » a déjà largement été commenté.

Le problème avec les paraboles est de ne pas les prendre au pieds de la lettre. Cf. les talents ou l’intendants malhonnête.

Commençons par le début :

Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

Et la réponse sur le fond :

« Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

 

Bien des prêcheurs dimanche vont insister –avec raison- sur la miséricorde du père, infinie et inattendue.

 

Une autre lecture consiste à s’identifier au fils ainé, qui se veut fidèle et s’efforce de faire « bien », et qui récrimine –comme les pharisiens- contre cette justice injuste qui semble se réjouir plus de la conversion que de la fidélité.

On peut faire cette même analyse en « Marthe et Marie » comme avec « laissez venir à moi les petits enfants » :

·         Quelle est ma relation à Dieu ?  (à l’Église, aux autres …)

·         Suis-je jaloux des attentions qu’Il a pour les autres ?

·         Mon obéissance est-elle joyeuse ?

·         Puis-je me réjouir de la « conversion » d’un autre, quand pour autant cet autre ne devient pas semblable à moi, ne pratique pas comme moi, n’aime pas comme moi, n’a pas la même vie, la même morale que moi ? (Je mets « conversion » entre guillemets car même cette conversion peut nous surprendre ou être ignorée ,silencieuse et invisible et pourtant sincère. « Qui suis-je pour juger ? » nous rappelle François.)

 

Je voudrais insister –parce qu’elle me touche- sur une attitude qui me semble erroné de la dynamique « péché –réconciliation » :

Je cite volontiers Martin Luther le réformateur « Pèche hardiment, mais crois plus hardiment encore » (Pecca fortiter, sed fortius fide et gaude in Christo), sans me préoccuper de ce qu’il voulait dire au fond et je me dit « tant pis tant mieux pour le péché, la faute, l’orgueil, la méchanceté, l’inattention,… la réconciliation qui est si bonne n’en sera que plus justifié ».

Il m’arrive de me comporter ainsi avec mes relations, mes proches, mon Dieu, avec tous ceux qui m’aime. Et c’est mal.

Je ne berce pas d’illusions. De la même façon que les pièces d’argent se perdent –c’est la loi de Murphy- que le brebis s’égarent –c’est la loi de la nature- les fils se rebellent et les humains pèchent. C’est notre nature, notre condition. C’est cela le « péché originel » (pas une histoire de pomme ou de sexe). Je ne voudrais pas faire le mal et je ne peux m’empêcher de la faire (St Paul).

Ma condition de Chrétien c’est de ne pas m’en contenter. De tenter joyeusement de ne pas faire le mal. De savoir que je n’y échapperais pas. Mais je n’userais pas la miséricorde de Dieu. Il m’attendra toujours sur le pas de la porte.

Il n’y a pas de risque que je sois en vérité le fils ainé, toujours présent, obéissant  et fidèle. Et pourtant le Père me dit à moi aussi “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. “.

Il m’aime d’un Amour infini, plus que mes parents ou ma femme. L’immense amour dont je suis gratifié sur cette terre, reste tout petit face à sa Source.

C’est pourquoi je réponds à son amour par un élan : « oui, je me lèverai et j’irai vers mon Père ». Oui je peux faire mieux, oui je peux travailler à être fidèle et utile au royaume. Imparfait, insignifiant mais toujours recommençant.

J’insiste sur la joie que les baptisés doivent avoir quand ils se corrigent. Le Christ est ressuscité ! Il nous a sauvés ! Je regrette de l’avoir renié, trahi, abandonné, flagellé, crucifié, oublié, ignoré. Mais il m’attend. Il compte sur moi.

« Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

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