2 févr. 2017

Qui donc est Dieu ?

Une bonne part de la littérature patristique, et jusqu’aux vitraux de Chartres, comprennent le samaritain comme Jésus qui descend du ciel pour donner la vie. Avec l'huile des sacrements et le vin de l'eucharistie, il prend soin de ses frères. Parabole du salut.

Mais il faut se demander une nouvelle fois si nous ne nous sommes pas trompés dans l’attribution des costumes. Celui qui meurt dans un fossé, abandonné de tous, homme de douleur devant qui on se voile la face, on détourne le visage tant il n’a plus figure humaine, qui serait-ce si ce n’est le Jésus du prophète Isaïe ?

Alors c’est Jésus qui gît au fossé comme il pend au gibet, maudit, au milieu des criminels. Qui sera le samaritain de Jésus ? Qui viendra essuyer son visage et recueillir le sang qui coule de ses plaies ? Notre humanité, notre Eglise, notre communauté, comme François à Lampedusa, viendront-elles pleurer les disparus que l’on oublie, pour les saluer, ne pas les oublier précisément, les relever de l’oubli de la mort, les sauver, même morts.

Vous ignorez tout de ce Jésus qui souffre ? Relevez le frère, vous relèverez Jésus. S’il est défiguré, pas étonnant que vous ne puissiez le reconnaître. Relevez le frère, et vous relèverez Jésus que vous le sachiez ou non. Et, saisissant la chair de celui qui a pris la vôtre, vous serez vous aussi relevés, dans un admirable échange que nombre de peintres a enseigné, lorsque l’on ne sait plus à méditer leur toile qui est Jésus du samaritain ou de l’agonisant, qui est l’homme agonisant, de Jésus ou du samaritain.

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